Accompagnement des migrants et politique d’insertion

Le sujet de l’accompagnement des migrants et de la politique d’insertion que nous pouvons mener pour ces publics.

C’est un sujet qui touche chaque territoire. Nous sommes directement concernés par les MNA.

Depuis 3 ans, le Département du Morbihan a assumé ses responsabilités au titre de l’ASE.

Même si on a pointé des légèretés dans l’évaluation de l’âge des mineurs qui nous étaient confiés, le CD a assuré l’hébergement, la subsistance et l’accompagnement du public.

On a pointé également le manque de régulation sur le nombre de jeunes à prendre en charge, de façon à anticiper les moyens à mettre en œuvre. Les choses semblent se stabiliser. Nous avons accueillis 400 jeunes l’an dernier, nous sommes à 325 fin Septembre. 4,5 M d’euros de budget cette année.

Cela permet de calibrer un budget, des moyens d’hébergement et d’actions.

Une fois que la prise en charge est assurée, est engagé l’apprentissage du français et la socialisation.

On a paré au plus pressé. Il faut maintenant se poser, prendre un temps de réflexion avec l’ensemble des acteurs concernés et se donner des objectifs.

Aujourd’hui, on a un peu de recul.

Tout d’abord, savoir de quoi on parle. Derrière le terme migrant, il y a une multitude de publics avec leurs caractéristiques.

Les MNA sous tutelle du CD

Les réfugiés adultes qui ont un titre de séjour autorisant à travailler

Les demandeurs d’asiles avec un titre de séjour provisoire n’autorisant pas de travailler.

Les personnes sans titre de séjour.

Tout ce public n’est pas du ressort du Département.

Néanmoins cela appelle différentes constats :

UNE REALITE : ces personnes sont là, elles ne sont pas de passage. Elles vont rester vivre en France. Ca ne sert à rien de détourner le regard. Leur destin est là.

UN DEVOIR : Faire tourner à plein régime la machine à intégrer

UNE FINALITE : Derrières toutes nos actions il n’ y a qu’une seule finalité, c’est l’EMPLOI. L’intégration durable en France c’est l’emploi. L’histoire l’a démontré.

Un RISQUE : c’est l’oisiveté, c’est l’inactivité. Qui peut être source de stigmatisation par l’opinion, de gachis pour les personnes concernées, de déviances (la socialisation de la rue n’est pas la meilleure solution).

On a rien à gagner à attendre. Le sujet nous reviendra en Boomerang d’une manière ou d’une autre.

Ceci pour dire que l’on a un VRAI DEFI à relever avec ce public « migrants ».

C’est en mettre en parallèle d’ailleurs avec un marché de l’emploi qui manque cruellement de main d’œuvre dans le bâtiment, l’agro alimentaire, la marée, la pêche.

Sur le sujet qui nous concerne, les MNA. Les services du Département font vraiment du bon travail. Ils se sont adapté à de nouvelles problèmatiques, ce n’était pas simple. Ce sont des situations assez inédites. Tellement inédites, qu’on a pas de solutions. Ou il faut les improviser.

Un axe fort : nous devons favoriser au maximum l’emploi, l’apprentissage. Même si les prérequis sont justifiés pour un CAP, pour des jeunes qui n’ont pas le niveau de base, mais qui peuvent apprendre un métier dans le bâtiment, nous devons être le plus souple possible. L’objectif est de les amener le plus haut possible en terme de qualification. Si on est trop rigide, on ferme les portes et ces jeunes travailleront de manière non déclarée.

L’inactivité impactera nos politiques. L’effet Boomerang !

Contrats jeunes majeurs.

Prévention spécialisée (éducateur de rue). RSA pour des adultes.

Une fois que j’ai dit tout ça

Je pense que tout le monde a besoin de se mettre autour de la table. Je constate qu’il y a beaucoup de monde. D’avoir un temps de réflexion pour croiser les points de vue, évaluer qui fait quoi, les responsabilités de chacun, mettre en place des complémentarités. Le travail mené avec 3 années de recul doit nous aider à définir une feuille de route.

Même si on est concerné avant tout par les mineurs, nous sommes légitime pour initier une rencontre, organiser un réflexion bilan d’étape perspectives, une sorte de Grenelle, pour pointer les responsabilités de chacun (pourquoi pas une instance) et définir ensemble une feuille de route.

Laurent TONNERRE

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