Contribution aux travaux cathédrale Notre-Dame de Paris 1/3

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

Pour justifier la contribution de notre collectivité à la restauration de Notre Dame de Paris, vous évoquez notamment l’émotion suscitée par cet incendie. Deux mois après, nous allons donc tâcher de réagir à froid sans mauvais jeu de mots, avec discernement. Car sans remettre évidemment en cause le caractère patrimonial, symbolique fort de cet édifice cultuel, la somme proposée a choqué nombre de nos concitoyens.

Vous suggérez donc de contribuer à hauteur d’un million d’euros à cette restauration. Nous avons tous pu constater au regard des sommes promises par les uns et les autres que l’argent ne manquait pas ! La question est donc bien de savoir comment l’utiliser !

Donc un million d’euros. Comme ma collègue Florence Prunet l’a indiqué en début de session, ce déblocage de fonds ne nous surprend pas : la capacité d’investissement du département est forte et nous avions même lors de l’examen du budget proposé de l’abonder. Nous ne penserions pas que vous nous écouteriez. Néanmoins, on pensait l’investir sur les terres morbihannaises.

Nous sommes donc opposés à cette contribution d’un million d’euros à plusieurs titres.

Premièrement, le montant. Cela nous parait disproportionné. Nous suggérons une contribution plus modeste, 100 000€. Somme envisagée par nombre de Départements notamment nos voisins.

Et surtout, nous suggérons d’améliorer notre dispositif en faveur du patrimoine morbihannais. Certes, dans votre bordereau vous parlez d’attribution quasi systématique d’aide aux collectivités. Encore faut-il que ces collectivités soient en capacité financière de mettre le complément, en effet la richesse de ce patrimoine dans nos communes est un atout mais grève très souvent les finances locales.

Nous pourrions donc, comme présenté en décembre, augmenter la part du département dans les aides liées à la préservation de notre patrimoine. Nos marges de manœuvre nous le permettent.

Nous pourrions également établir un plan de rénovation de nos bâtiments tourné résolument vers une transition écologique. C’est une préoccupation de nos concitoyens. Cette assemblée doit s’en emparer urgemment.

2ème raison de notre opposition. Le cadre hors compétences du Département.

En effet, vous nous avez habitués à une intransigeance sur la loi NOTRe et une application rigide de ce texte.

Dans le domaine de la culture, de nombreuses coupes budgétaires ont été effectuées ces dernières années. Je ne reviendrais pas sur l’épisode de l’UBS… mais je pense, avec une certaine certitude que proposer un million d’euros et tenir un discours de rigueur budgétaire en permanence ne peut pas être compris.

Vous allez me répondre qu’il y a un budget fonctionnement et un concernant l’investissement. C’est je crois une réponse très techno. L’argent public vient du contribuable et celui-ci est donc en droit de valider ou non son utilisation.

Plusieurs pistes d’amélioration de nos politiques publiques en lien direct avec nos compétences sont possibles, je vous en livre 2 :

  • La première en matière sociale, il est temps d’investir pleinement le domaine des violences faites aux femmes. Nous pourrions faire de ce Département une collectivité remarquable dans la prise en compte de ce fléau : travailleur social auprès des gendarmeries, coordination et impulsion d’actions de prise en charge des personnes victimes de violences conjugales.
  • La deuxième : l’élaboration d’une ambition autour de l’« Alimentation » qui permettrait un travail dans différents domaines : agricole, restauration collective, santé, auprès des collégiens, public précaire, familles, insertion.

 

Nous voterons contre le million d’euro : le montant est excessif et nous devons investir en priorité et pleinement nos domaines de compétences.

 

Gaëlle LE STRADIC

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