Discours de politique générale

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Cette session essentiellement consacrée aux orientations budgétaires permettra aux élus de notre groupe de s’exprimer sur les sujets qui nous tiennent à cœur. Cette assemblée doit être un lieu de débat.

La bonne administration de la collectivité nous oblige à assumer pleinement les compétences qui nous sont confiées, et répondre efficacement aux besoins des Morbihannaises et Morbihannais dans les domaines qui sont les nôtres. Bien gérer, ce n’est pas seulement faire des économies, ce n’est évidemment pas non plus dépenser sans compter. C’est améliorer nos dispositifs, innover et expérimenter… et bien sûr investir.

Nous savons que pour avancer, il faut être optimiste et savoir faire confiance. Faire confiance aux élus, aux employés de notre administration, aux partenaires, aux associations, s’appuyer sur toutes les bonnes volontés. Et il est aussi nécessaire d’évaluer nos politiques, s’assurer qu’elles sont efficaces, qu’elles donnent les résultats attendus.

Une gestion prudente (oui), mais nous souhaitons d’abord une gestion optimiste et audacieuse.

Nous sommes optimistes car nous disposons de moyens nous permettant d’exercer nos compétences dans de bonnes conditions, d’améliorer la vie de nos concitoyens et en particulier celle des plus fragiles, Et aussi d’investir davantage. Investir pour tous les Morbihannais.

1. Des marges de manœuvres existent


Une analyse financière montre qu’au cours des 5 dernières années, l’effet ciseau tant redouté n’a pas eu lieu. Les fameux ciseaux ne se sont pas refermés. L’épargne brute est quasiment stable. Les recettes réelles de fonctionnement de notre collectivité ne baissent pas et les dépenses de fonctionnement augmentent peu.

L’encours de la dette a baissé, une baisse accentuée par des remboursements anticipés.

Le remboursement anticipé de la dette ne nous parait pas indispensable. Notre capacité de désendettement est maintenant inférieure à 2 ans. La moyenne nationale des Départements est à 4,2 années (tout en sachant que jusqu’à 7 années une collectivité est encore considérée comme en bonne situation financière, pas trop souffrante). Nous pourrions, nous - Morbihan-, avoir pour l’objectif de rester sous les 2,5 ans et nous serions encore en très-très bonne santé financière.

Nous avons les moyens d’investir davantage encore. 10 M€ d’investissements supplémentaires chaque année pendant 5 ans nous parait tout à fait réalisable et raisonnable. Dans notre situation, augmenter encore notre niveau d’investissement nous parait plus important que réduire notre endettement. 


Investir ce n’est pas dépenser sans compter.

Vous allez nous dire que nous investissons déjà beaucoup par rapport à d’autres Départements. Mais nous pouvons faire davantage.

2. Priorité à l’investissement

Nous proposons de donner la priorité aux investissements de renouvellement ou d’amélioration de notre patrimoine.

Et nous pensons qu’il reste beaucoup à faire, en particulier dans les collèges.

Par exemple, celui de Saint Jean Brévelay. Le collège Eugène Guillevic, (du nom d’un poète Brévelais, prix Goncourt de poésie en 1988). Je me déplace toujours avec plaisir, et même avec un peu d’émotion, dans ses couloirs. Je me rappelle mes années au CEG (comme nous disions à l’époque). Le CEG de Kerfrolo.

Rien n’a changé ! A part le nom.

Celui de Josselin aussi a besoin d’investissement. Et je suppose qu’il y en a beaucoup d’autres.

Investir dans ces collèges c’est améliorer la vie des collégiens, les conditions de travail des enseignants, mais c’est aussi moins de dépenses de fonctionnement, en particulier de chauffage.

C’est aussi important pour l’attractivité des collèges et du service public.

Et puis, investir c’est soutenir l’économie locale, soutenir nos entreprises et l’emploi.

Depuis 2016 le Département ne reverse plus au syndicat d’énergie la part départementale de la taxe prélevée sur les factures d’électricité, (taxe d’un montant de près de 9 millions d’euros). C’est une ressource que Morbihan énergie consacrait à l’investissement dans les réseaux électriques et dans l’accompagnement de projets liés à l’énergie et à la transition énergétique. C’est 9 millions d’euros en moins d’investissement dans le domaine de l’énergie.

Priorité donc à l’investissement pour le renouvellement ou à la rénovation des bâtiments du Conseil départemental, et à la transition énergétique (nous pourrions même nous doter d’un plan d’action pour la transition écologique).

Les investissements indirects aussi sont importants. Les aides apportées par le Département aux projets d’investissements portés par les communes et communautés de communes sont à maintenir, elles sont efficaces et bien réparties sur les territoires.

 
3. Améliorer l’utilisation des moyens de fonctionnement


En ce qui concerne le fonctionnement, nous avons la possibilité de faire mieux, de coller davantage aux attentes des Morbihannais, de mettre plus de proximité, sans pour autant laisser filer les dépenses. Nous sommes encore très loin de la barre des +1,2% posée par l’Etat.

En matière de solidarité, nous ne pouvons pas rester dans la situation actuelle. Il est important de rappeler que le rôle du Département a été recentré sur les Solidarités humaines et territoriales par la loi NOTRe. Il reste encore à faire pour répondre aux besoins des territoires. Par exemple avec la construction de Foyers de vie, pour apporter une solution aux plus de 150 jeunes en attente de places. Ou pour l’accompagnement des acteurs du domaine social qui sont en difficulté, avec la tarification des services d’aide et d’accompagnement à domicile. Nous reviendrons sur ces 2 points.

Un autre sujet important : la jeunesse. Cela n’apparaît que très peu dans vos orientations budgétaires. D’autres départements mènent des actions qui fonctionnent. Nous pouvons nous en inspirer et expérimenter, avec des actions peu couteuses. Nous y reviendrons.

Cette capacité d’innovation, nous devons aussi l’avoir pour favoriser l’intégration des mineurs non accompagnés. Nous l’avons déjà dit, ce serait un mauvais calcul de détourner le regard. Donnons-nous les moyens de les accompagner pour une intégration durable dans nos territoires.


La culture, le sport et l’éducation populaire sont les oubliés de la loi Notre, toutes les collectivités peuvent soutenir les actions dans ces domaines mais finalement les collectivités s’en désintéressent considérant qu’elles n’ont aucune obligation.
Les budgets du Département dédiés à la culture et au sport ont fortement chutés en Morbihan. Les associations sont moins aidées. Elles jouent pourtant un rôle majeur dans l’animation locale. Le monde associatif dynamise nos territoires, crée du lien social. Leurs actions doivent être soutenues. Il y a un vrai risque de démotivation des bénévoles si leur travail n’est pas reconnu.


En matière économique, nous disposons encore de leviers pour aider les acteurs de notre territoire. Le Conseil départemental peut encore aider l’agriculture, en complément de la Région. Les autres Départements bretons le font. Pourquoi-pas nous ?

Toujours dans le domaine de l’économie, il est possible d’innover avec l’Economie Sociale et Solidaire, comme le font l’Ille-et-Vilaine et le Finistère. Rappelons que l’ESS entrecroise la solidarité, la cohésion territoriale, l’innovation et l’engagement citoyen, 4 thématiques relevant des compétences du Département.

Un mot à propos du nouveau schéma départemental de l’enfance prévu initialement pour 2018, mais qui verra finalement le jour en 2019. Nous souhaitons qu’il soit élaboré en toute transparence et en concertation avec les acteurs de terrain, les élus et les agents du Département. Il faut impulser une vraie dynamique de co-construction, s’appuyer sur toutes les compétences pour trouver les meilleures solutions et les dispositifs les plus adaptés.


4. Pour une gestion plus participative

Plus généralement notre collectivité doit travailler en confiance avec les acteurs et tous ses conseillers départementaux, pour construire ensemble le Morbihan de demain. Tout ne peut pas venir d’en haut, toutes les propositions doivent être écoutées et analysées, chacun à son niveau peut avoir de bonnes idées.

 
Nous ne devons pas reproduire la méthode utilisée cette année pour définir les contours des appels à projet sur l’insertion qui ont été lancés cet été. Les élus n’ont pas pu formuler leur avis, c’est pourtant leur rôle. C’est dommage.

Quelques mots pour terminer sur l’EHPAD de Guémené.

Le Département est revenu sur sa position initiale et déstabilise aujourd’hui un projet construit sur plusieurs années en lien avec les acteurs du territoire.

La situation est aujourd’hui bloquée. C’est inquiétant.

Nos collègues, élus du canton ne manqueront pas de revenir sur ce sujet.

Vous l’aurez compris, nous avons des marges de manœuvre, notre groupe propose plus d’investissements, et se donne 3 priorités : la jeunesse, la transition écologique et les solidarités.

Pour un Morbihan innovant et plus solidaire.

Je vous remercie.

Guénaël ROBIN

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