Discours de politique générale

La vie politique française vient de vivre un véritable séisme, modifiant durablement la carte électorale et le personnel politique du pays. Rarement la France aura été sujet à une telle soif de renouvellement. Renouvellement des pratiques, renouvellement à venir des partis politiques, renouvellement des personnes et des modèles de carrières.

 

En même temps, un pays se nourrit de ces « Big Bang » pour progresser, l’implosion d’un système engendrant une recomposition politique, ce qui est une manière de régénérer notre démocratie.

 

Les français ont parlé. Dans l’immédiat, il faut entendre ce message et être digne de l’instant. Souhaiter que le gouvernement réussisse, que la France se porte mieux.

 

En ce qui nous concerne, le groupe de la minorité a fait le choix depuis 2 ans d’une opposition constructive. C'est-à-dire être force de propositions; faire passer l’intérêt de nos concitoyens morbihannais avant nos petits intérêts partisans. Faciliter le travail en commun des services du Département avec ceux de nos communes. Ne pas surjouer des querelles politiciennes pour exister médiatiquement. Eviter les batailles de procédures qui ralentiraient les prises de décisions.

 

Bien sûr que l’on ne va pas diluer nos différences dans une pseudo unité républicaine. La vitalité démocratique de cette enceinte exige que chacun fasse vivre sa singularité, qu’une session soit une confrontation de points de vue pour progresser.

 

Nous allons poursuivre dans cette logique en nous attachant à nos priorités, nos nuances qui ont fait clivage depuis 2 ans :

  • Le format de nos services publics ; nous sommes réservés sur les baisses d’effectif.
  • Notre ambition pour l’accès à l’emploi des bénéficiaires du RSA
  • Le soutien à la filière bio
  • Le développement d’énergies renouvelables sur notre patrimoine
  • L’engagement de jeunes en services civiques dans nos domaines de compétences
  • L’économie sociale et solidaire

J’insisterai sur deux points.

 

L’offre d’insertion.

 

Nous avons un Programme Départemental d’Insertion qui est riche. J’aurai toutefois un regard particulier sur les chantiers d’insertion. Ce sont des actions très intéressantes parce que cela permet d’offrir un contrat de travail à des personnes et d’évoluer sur des supports se rapprochant des exigences d’une entreprise. Une vraie passerelle pour retrouver un emploi durable. Néanmoins, l’offre de chantiers d’insertion révèle de grandes disparités géographiques et manque de variétés pour être attractive. Peu de chantiers dans les grandes villes (où il y a beaucoup de bénéficiaires des minimas sociaux, des quartiers PV). Une dominante de chantiers natures, entretien d’espaces verts, plutôt pour un public masculin. Je ne veux pas incriminer les collectivités qui portent ces chantiers, heureusement qu’elles sont là.

Ce n’est pas le Département qui initie ces chantiers. Nous payons l’accompagnement. L’Etat paye les contrats. Néanmoins, nous avons le pouvoir de réunir les gens, de mettre les partenaires autour de la table, d’impulser des dynamiques. En ce sens nous appelons à un Grenelle des chantiers d’insertion. Engager une réflexion avec l’ensemble des communes, EPCI, associations, pour les inciter à s’impliquer pour une meilleure équité géographique, à être innovant pour élargir les publics et être en phase avec de nouvelles activités, à prospecter des niches professionnelles : gestion de déchets, recyclage, le numérique, l’entretien du mobilier urbain, la performance énergétique des bâtiments.

 

L’autre sujet est le Schéma de l’autonomie, actuellement en débat.

 

Tout d’abord, c’est une bonne chose de réunir dans une même réflexion et une même politique, les personnes âgées et le handicap, pour avoir une vision d’ensemble sur les problématiques de dépendance et de cohérence d’action.

 

On peut questionner notre offre de service. Est-elle suffisante ? Nous pensons que non par exemple pour les foyers de vie, qui prennent la suite des IME à l’âge adulte.

C’est bien sûr une question de budget, mais aussi de besoins ; les besoins actuels, les besoins futurs.

 

Prévoir ces besoins pour les décennies à venir est complexe. Il est naturellement plus simple d’anticiper les besoins concernant les personnes âgées; on a connaissance de la pyramide des âges, on sait notre département attractif pour les futurs retraités. On peut faire de la prospective.

 

C’est plus difficile quant aux personnes en situation de handicap. Même si le dépistage (je pense à l’autisme) est plus précoce et les prises en charge du handicap en général, de plus en plus calibrées. Nous avons le sujet du vieillissement des parents de personnes handicapées.

La finalité, c’est bien d’améliorer la prise en charge des personnes fragilisées.

 

En tout cas, voilà un sujet très intéressant qui exige une réflexion de fond. Nous souhaiterions être davantage associé aux travaux. On a tout à gagner d’une large réflexion autour de ces enjeux.

Laurent TONNERRE

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