Discours de politique générale

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Je prononce aujourd’hui mon premier discours en tant que représentante de notre groupe Morbihan Innovant et Solidaire. Je remercie tout d’abord Laurent TONNERRE pour le travail accompli pendant cette première partie de mandat.

C’est dans le débat d’idées que naissent souvent les solutions les plus pertinentes : nous souhaitons donc conserver cet état d’esprit de dialogue malgré nos divergences politiques. Car nous sommes de gauche et c’est dans ce cadre que j’exercerai ma responsabilité. Toujours dans l’ambition d’agir pour les Morbihannais et les Morbihannaises avec notre vision sociale, écologique et progressiste.

Nous avons la ferme intention d’innover, et notre parole pourra être portée par un membre différent de notre groupe lors des prochaines sessions plénières. C’est déjà le cas dans certaines assemblées, notamment celle du groupe majoritaire de la Région Bretagne.

La session du jour ne comporte que peu de rapports, et la première Décision Modificative (DM1) est très modeste. Cette DM se fait aussi dans un nouveau contexte budgétaire imposé aux collectivités. Nous sommes des décentralisateurs, nous sommes donc attachés au principe de libre administration des collectivités. La règle des 1,2% de hausse des dépenses de fonctionnement que le gouvernement veut mettre en place pour les collectivités territoriales de grande taille, vient contredire ce principe.

Quatre éléments ont principalement attiré notre attention.

En premier lieu, la prise en charge des Mineurs non Accompagnés, les MNA.

La question migratoire est toujours délicate et fait désormais régulièrement et malheureusement la une de la presse : le Benchmarking de Gérad Collomb, l’affreux silence français concernant l’Aquarius pour les dernières en date.

Les Morbihannais connaissent notre position sur ce sujet. Nous sommes conscients que l’Etat doit prendre sa part de responsabilité en la matière, cependant cela n’enlève en rien celle du Département. Il est indispensable de toujours considérer cette politique avant tout comme la protection d’êtres humains mineurs, des adolescents et non des étrangers.».

Et cela jusqu’à leurs 18 ans.

Dès leur minorité avéré, ces jeunes doivent intégrer des dispositifs d’accompagnement social englobant l’hébergement, la santé, l’acquisition de nos codes, la formation, l’apprentissage. Aux vues des traumatismes vécus au cours de leur migration, le volet social, culturel et éducatif sont essentiels. Pour une intégration réussie au sein de notre société. C’est là tout l’enjeu.

La tentation pourrait être grande aux vues du contexte économique de parer à l’urgence vitale d’un toit et d’un repas. Ce calcul serait de court terme. Réduire leur prise en charge à un simple hébergement entraîne de facto des incidences sociales : le désœuvrement n’est jamais bon.

En 2018, les services de l’Aide Sociale à l’Enfance prendront en charge plus de 400 jeunes. Ils n’étaient qu’une dizaine il n’y a que quelques années. Plus de 6 millions seront consacrés à leur prise en charge. Nous notons une volonté du Département de prendre le jeune dans sa globalité. Nous y sommes favorables. Nous serons vigilants à ce que notre collectivité poursuive et approfondisse cette dynamique. Ces dispositifs doivent être proposés aux jeunes jusqu’à 18 ans et non 17 ans.

Je remercie également les équipes de l’ASE qui ont dû s’adapter très vite à ces nouvelles situations. Un renforcement des effectifs au-delà d’une réorganisation doit être envisagé afin d’assurer une qualité de service pour tous les jeunes confiés au Département.

Mon second point traitera de l’insertion.

L’année 2017 a connu pour la première fois depuis de nombreuses années une stabilisation voire une diminution du nombre d’allocataires du RSA. Cela est révélateur d’une meilleure santé économique et sociale du Morbihan. C’est mieux mais tout cela reste fragile.

Cela questionne sur les moyens alloués à votre politique d’insertion. Il va falloir de la créativité. Le décloisonnement des actions sociales va devoir devenir une réalité. Fonctionner en case n’a plus de sens. Il faut adapter notre logiciel. Cela est également valable dans d’autres secteurs comme les personnes âgées ou handicapées, les différentes dépendances.

Depuis le début de ce mandat, nous avons fait de nombreuses propositions en la matière : pas toujours suivies, d’autres un peu plus comme l’expérimentation territoire zéro chômeur en Centre-Bretagne et qui je l’espère verra le jour à Vannes avec notre concours. Ce type de dispositif a le mérite de réinterroger l’insertion : il privilégie le salariat long lorsque l’on fonctionne en général sur des contrats courts. De même, l’entreprenariat est une piste à exploiter.

A côté de ces innovations, il y a l’existant. A questionner évidemment. Je pense aux chantiers d’insertion, nous en avons tous sur nos cantons. Je sais que votre majorité travaille sur ces questions mais je crois aussi essentiel que cette assemblée débatte de ces sujets et ne soit pas simplement une chambre d’enregistrement. Nous souhaitons contribuer à la réflexion sur les parcours d’insertion, les publics visés, les passerelles à améliorer ou créer.

Tourner nos dispositifs davantage vers l’entreprise. Pourquoi pas ? mais n’oublions pas ceux qui ne retrouveront pas le chemin de l’emploi. Quelle place leur accordons-nous dans notre société ?

Nous vous proposons également une nouvelle démarche : ouvrir les clauses sociales des marchés publics aux métiers du service : il y a de nombreuses opportunités, les marchés de fourniture ou encore les remplacements courts de nos personnels dans les collèges. D’autres départements s’en sont saisis. Ça n’a rien d’anecdotique. C’est une question de volonté politique !

Autre sujet : la transition écologique.

Nous connaissons tous l’état de notre planète. Les belles paroles sont toujours utiles pour dénoncer mais les actes leurs sont préférables.

Ce ne sont pas seulement des préoccupations de « bobos » ou une tendance. C’est tout simplement du bon sens ! le département doit s’impliquer davantage dans cette démarche. Je crois à la théorie du colibri.

Deux axes possibles

  • La performance énergétique et tendre vers l’autosuffisance de nos bâtiments : cela demande de l’investissement certes, mais le bénéfice est palpable et je crois avoir compris que nos finances étaient saines. Voilà alors une ambition saine également ! et vous avez la chance de pouvoir faire ce genre d’investissement !
  • La restauration dans les collèges. Bien apprendre c’est aussi bien vivre et bien manger pour faire fonctionner toutes les cellules grises ! nous pourrions impulser une dynamique d’achats sur des produits locaux ou biologiques. Cela favoriserait par ailleurs notre agriculture. Vous allez me dire qu’il existe un logiciel. Encore faut-il en avoir fait la promotion et la formation ? Dans les écoles de Lorient, 40% de l’alimentation des élèves provient des circuits courts et/ou biologiques. Certains collèges ont empruntés cette voie. Le surcoût est estimé à 3 centimes de plus par repas. Prenons les bonnes pratiques là où elles sont et essaimons !

Notre département a besoin de s’inscrire dans la transformation économique, écologique, sociale, environnementale et numérique de notre société. Ce rôle, c’est celui des services publics. Ceux-ci doivent irradier notre territoire. Ce maillage est important et ne doit jamais céder à la tentation du « il y a moins de population, on peut fermer tel ou tel accueil ». C’est la tendance.

On le voit avec la fermeture de l’Agence Technique Départementale de Guémené sur Scorff. Certes, ce centre n’accueille pas de public mais c’est une présence sur un territoire. Des emplois. Des habitants. Des enfants qui vont à l’école, au collège. Des consommateurs pour les commerces de proximité. C’est un moyen de lutter contre la désertification de certains territoires, de maintenir une vitalité économique et sociale. Peu importe le nombre d’agents concernés.

Evidemment il faut être garant d’un équilibre dans les finances publiques. Nous devons être un partenaire actif de cette dynamique.

Et de qui l’œuf ou la poule est arrivé en premier ? C’est la même chose pour nos territoires. Certains sont attractifs et voient les services publics se maintenir. D’autres les voient disparaitre. Mais n’est-ce pas aussi parce que le service public disparait que la population choisit d’autres lieux de vie ? voire d’autres options politiques ?

Vous aurez compris nos préoccupations pour cette dernière session avant la pause estivale.

Je fais le vœu que les Morbihannais et de nombreux touristes passent un bel été dans notre Département qui a des atouts indéniables : notre littoral, nos îles, nos campagnes, nos festivals etc.

Je vous remercie

Gaëlle LE STRADIC

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly