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Discours de Politique générale

/ Laurent TONNERRE

Nous nous retrouvons aujourd’hui en session pour aborder nos orientations budgétaires pour l’année 2017. C’est le moment de réinterroger nos grandes orientations politiques et nos priorités. D’autre part, un débat budgétaire questionne aussi le contexte économique et financier national et nos particularités locales.

L’Etat, depuis des années, a engagé un travail de maîtrise des dépenses publiques qui a exigé des efforts de toute part, que ce soient les ménages, la fonction publique, les collectivités locales ; seules les entreprises ont été épargnées au nom de la bataille de l’emploi.

Le Département comme les autres collectivités, a vu ses dotations baisser (un peu plus de 12 Millions cette année et l’année prochaine), même si la dynamique des droits de mutations dans le Morbihan a joué un rôle d’ « airbag » pour nos budgets.

Nous ne connaissons pas encore les choix budgétaires du Gouvernement qui suivront les élections du printemps prochain.

Néanmoins, on sait, à l’échelle morbihannaise, que nos finances sont saines, que la dynamique fiscale nous offre des recettes croissantes, que le nombre d’allocataires du RSA est stabilisé. La loi NOTRe nous offre, à l’usage, finalement plus de moyens puisque l’on a cessé de financer certains secteurs. Nos indicateurs sont au vert. L’encourt de la dette est faible. Notre taux d’épargne net est élogieux.

Nous avons des marges de manœuvres certaines. Il faut cesser de surjouer la morosité. On peut être offensifs et entreprenants.

Déjà dans l’approche psychologique. Il faut être vigilant bien sûr, mais nous ne nous appliquons pas un principe de précaution inadapté. Cessons d’être tétanisés, les yeux rivés sur nos lignes budgétaires. Ça va ! Dans le Morbihan, le budget du département ne connait pas la crise.

Après, on peut faire des choix. Il y en a deux. On peut réduire les taux et bénéficier d’un bel effet d’annonce ; ou on peut étoffer notre offre de services en s’appuyant sur ces marges de manœuvres nouvelles. C’était déjà annoncé lors de la dernière session, vous allez faire le choix de baisser le taux de la taxe sur le foncier bâti (pour compenser la revalorisation des bases).

Nous ne partageons pas cette orientation. Tout d’abord, nos taux sont au bon niveau, dans la fourchette basse de la moyenne des autres Départements. On ne peut pas avoir comme seul objectif d’être la collectivité qui perçoit le moins d’impôts. Il faut d’abord dynamiser le Département et de proposer les meilleurs services.

Mais SURTOUT, cette baisse des impôts laisse penser que l’on réalise déjà l’ensemble des politiques que l’on attend de nous. Cela peut supposer que notre offre de service est suffisante, que l’on n’a rien à renforcer, que la priorité n’est pas à l’expérimentation. Attention à l’autosatisfaction !

C’est une forme de conservatisme.

Ça acte un clivage entre nous, entre « conservateurs » et « progressistes ».

Nous abordons les choses différemment. Ces marges de manœuvre peuvent servir à dynamiser plusieurs secteurs. Pour satisfaire l’usager de nos politiques.

Qu’est-ce que nous ferions ?

D’abord, dans l’état d’esprit. Je reviens sur le dossier des transports maritimes et la liaison avec Groix. La Compagnie a fait des bénéfices. Tant mieux ! Après le choix est fait de baisser les tarifs pour certains publics, alors que l’on pourrait améliorer la qualité de services aux usagers les plus fréquents, c'est-à-dire les insulaires. Cela par une rotation supplémentaire l’hiver certains jours de la semaine. Il y a un vrai besoin pour des personnes en suivi médical sur le continent et qui pourraient s’organiser en conséquence. Ça ne coûte pas plus cher. Le bateau est à quai, l’équipage à bord est payé.

Ensuite sur l’insertion ; comment donner toutes les chances aux demandeurs d’emploi accompagnés par le Département, de retrouver un travail ? On fait beaucoup, en particulier sur l’accompagnement social en amont des démarches d’emploi, pour s’attacher aux freins de l’insertion. Il faut aller plus loin dans la mise en relation avec les entreprises. Le marché de la recherche d’emploi a ses caractéristiques avec un marché ouvert (22 % des offres du marché) et un marché caché (78 %). Cela veut dire qu’on a trois fois plus de chances de trouver un emploi en allant directement vers les entreprises qu’en se contentant de répondre aux offres d’emploi. Seulement pour des personnes fragilisées (RSA), cette prospection ne s’improvise pas. C’est du tempérament et du réseau. A nous d’organiser un cycle de forum-emploi sur chaque territoire permettant d’initier des rencontres demandeurs d’emploi – employeurs. Ce serait un signe fort d’attention et d’ambition envoyé au public.

C’est vrai : ça exige des moyens. Mais nous pouvons le faire, il faut oser !

On peut également être beaucoup plus ambitieux en termes d’énergies renouvelables. On y reviendra lors du rapport annuel sur le Développement Durable. Je note ce qui a été fait sur le collège de Plescop et, ce qui va être fait sur le collège Brizeux, est remarquable ! Sur le reste de notre Patrimoine, hormis l’isolation de bâtiment et la maitrise des consommations, on n’est pas à la hauteur des enjeux ; on peut se dire que c’est optionnel. Certes. Je peux aussi rappeler les enjeux du réchauffement climatique.

Ce n’est pas un sujet optionnel, c’est un sujet grave. Nous appelons à une exemplarité sur notre Patrimoine. On peut mettre du photovoltaïque sur l’ensemble de nos bâtiments bien orientés (collèges, CMS, centres routiers …). On vient d'engager 9M pour la mise en accessibilité des collèges, car la loi nous y oblige. On peut faire la même chose pour les énergies renouvelables. On le fait à Lorient : ça marche. On couvre plus de 20 % des besoins de chaque bâtiment, on amortit l’investissement sur 10 ans. On a baissé à Lorient d’un tiers la facture énergétique en 3 ans, en complément d'autres actions.

Nous appelons à un « plan Marshall » d’énergies renouvelables sur nos bâtiments. Pour préparer l’avenir, faire des économies de fonctionnement et anticiper la hausse du coût de l’électricité.

Certes, ça exige des moyens. Là encore, nous pouvons le faire, il faut oser !

Enfin, on a le sujet de la gestion des ressources humaines. Vous l'annoncez dans votre Document d’Orientation Budgétaires, il faudra continuer à réduire les charges de personnel du Département. On est sur un rythme de 30 postes par an. Ça parait inéluctable. Nous pensons que ce n'est pas gravé dans le granit que les effectifs doivent baisser. Il faut le faire quand c’est possible, mais ça ne doit pas être un objectif. Un gros effort a été fait. Des postes vont partir à la Région en ce qui concerne les transports maritimes et scolaires. On doit maintenant se poser la question du niveau d'effectif conforme aux missions et à la qualité de services que l'on mène. Nous sommes aujourd'hui à un point d'équilibre entre nos compétences réactualisées, nos finances et les effectifs nécessaires au bon déroulement de nos politiques. Une stabilisation des personnels du Département est souhaitable, même si les charges de personnels augmentent (avec la GVT et les progressions de carrières). La baisse des effectifs ne peut pas être un objectif, n’oublions pas que notre richesse au Conseil département, c’est aussi notre personnel, il faut tout faire pour maintenir un haut niveau de motivation. C’est aussi une marque d’attention et de considération à avoir pour notre service public.

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