Éducation et culture : dotations aux collèges

Monsieur le président, chers collègues,

Je souhaitais intervenir dans le cadre de ce rapport d’activité, et plus précisément dans ce chapitre Education-culture pour solliciter une intervention mieux adaptée du Département.

Comme vous tous, je siège dans les conseils d’administration de plusieurs collèges et, j’ai assisté récemment, tout comme notre collègue Jean-Rémi Kervarrec qui était également présent, au bilan d’activité du collège de Guémené-sur-Scorff.

Une innovation culturelle particulièrement intéressante a été largement mise en avant : celle d’une classe CHAM (Classes à horaires aménagés musicales). Une réalisation remarquable avec une enseignante fortement engagée portant des projets avec ses collègues de l’établissement, telle la mise en scène en fin d’année dernière d’un opéra-rock avec près de 200 collégiens. Bref, une belle dynamique scolaire collective comme on aime les voir se manifester.

Bien entendu, la mise en place de ce type de classe CHAM a nécessité la mobilisation active de nombreux partenaires : culturels bien évidemment (associations d’artistes, école de musique, etc.) mais aussi les collectivités (Département, Communauté de communes) et bien entendu l’Education nationale.

Le bilan de cette première année a donc été extrêmement positif, par contre nous étions surpris d’apprendre à l’occasion de ce retour que le collège s’est trouvé en difficulté financière, non pas du fait des activités elles-mêmes (car l’opéra-rock a été financé, entre autres, par une plateforme de financement participatif), mais du fait d’un manque d’accompagnement financier lors des premiers équipements nécessaires à la création de la classe CHAM. C’est près de 4000€ que le collège a dû puiser sur son propre budget, au moment même où « la réfaction » des dotations (ou plutôt leur raréfaction – rappelez-vous la discussion) était décrétée par le Département, mettant en difficulté nombre de collèges. Dans le cas présent de celui de Guémené l’absence de ce financement initial, qui aurait dû être assuré par notre collectivité dès l’ouverture de cette classe musique, a conduit l’établissement à devoir supprimer des voyages pédagogiques au grand dam des parents présents à cette réunion qui n’admettaient pas que le collège ait pu se retrouver devant de tels choix.

C’est ce retour du terrain que je tenais à vous faire remonter et surtout vous faire savoir que parfois la rationalité budgétaire sans nuance conduit à créer des situations anormales et provoque des tensions inutiles qui pourraient être dissipées avec un minimum de bon sens et finalement à peu de frais. Sinon, quel gâchis !

J’en profite pour rappeler un autre exemple assez proche sur le fond et la forme, puisqu’il s’agit du soutien à la politique culturelle en milieu scolaire sur le même secteur géographique, le Pays du Roi Morvan.

Depuis bientôt 25 ans une véritable démarche volontariste est portée par les collectivités pour que les enfants de ce territoire rural puissent bénéficier d’une politique culturelle de qualité. Le résultat de cette expérience remarquable en milieu rural est reconnue par l’Education nationale elle-même qui, depuis de nombreuses années, inaugure désormais sa saison départementale d’expositions culturelles, le Printemps des arts, tous les ans depuis ce territoire. Pourquoi le Département, dont la mission est, pour reprendre les termes exacts, de « favoriser la diffusion culturelle sur l'ensemble du territoire et notamment en direction des jeunes », ne soutient-il pas plus clairement ce type d’initiatives ?

En effet, depuis bientôt 3 ans le financement départemental s’efface : de 8000€ il était tombé à 1000€ et le comble, l’an passé le dossier a été égaré, donc 0€, aucun financement …

Vu de Vannes, d’un point de vue administratif et budgétaire, ce sont des chiffres anecdotiques qui s’alignent (ou pas …) dans des cases excel. Mais sur le terrain ce sont des projets culturels innovants, des moments de bonheur pour nos jeunes, des dynamiques de création collective qui s’arrêtent net et qui, inutilement, sanctionnent les enfants de territoires qui, avec peu, font preuve d’inventivité et compensent à leur manière le manque de structures culturelles.

Avec un peu de bon sens et un minimum de bonne volonté le Département devrait être davantage attentif à ces innovations de terrain et surtout les soutenir avec détermination.

Je vous remercie.

Christian DERRIEN

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