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Insertion et Emploi

- Gaëlle LE STRADIC

La tendance du chômage est à la baisse. La répercussion n'est pas encore sensible au niveau du versement du RSA mais par effet domino, le seuil maximal a été atteint, la décrue s'amorce.  Nous pouvons penser que les prévisions relatives au RSA seront respectées. Une nouvelle significative mais encore insuffisante pour nos concitoyens les plus démunis.

Ça va mieux !

Nos efforts ne doivent pour autant ni être relâchés ni stabilisés mais au contraire renforcés !

Les moyens budgétaires étant au vert, les moyens alloués à l'insertion doivent être revus. Verser une allocation, ce n'est pas faire de l'action sociale. C'est indispensable mais cela n'a pas d'impact sur la situation des personnes, son évolution. En ce qui concerne le RSA, Le Morbihan consacre 11% du budget insertion à des actions d'insertion. Ce n'est pas satisfaisant. Nous regrettons que la majorité de droite de l'ADF (Assemblée des Départements de France) ait mis fin aux discussions sur la recentralisation du RSA.

Nous devons utiliser tous les leviers possibles pour permettre une réinsertion.

Il est nécessaire de prendre des risques, d'être audacieux. Nous sommes chef de file des solidarités ! Les opérations de parrainage sont implantées dans certains territoires (Vannes, Pontivy, prochainement Lorient). C'est une bonne formule mais ce n'est pas révolutionnaire ! Nous devons prôner une ambition d'insertion, devenir un département pilote en la matière ! Tentons des expérimentations : je vous rappellerai le dispositif "territoire zéro chômeur", le territoire du nord ouest du département souhaite son implantation, aidons-les ! Pourquoi ne pas adapter les coopératives jeunesses de services à notre public? Sortons des sentiers battus. Nous avons déjà évoqué les services civiques, les emplois d'avenir. Il ne s'agit pas de laisser miroiter à ces personnes une embauche mais d'être clair sur les objectifs : "le département vous soutient dans votre accès à l'emploi, il vous propose d'acquérir de l'expérience”. C'est bénéfique à tous les niveaux : pour le jeune (acquisition de savoir-faire, savoir-être, meilleure compréhension de notre institution), pour les encadrants (valorisation des compétences, transmission d'un savoir). Et avec peu d'incidence financière.

Nous devons utiliser tous les leviers possibles pour permettre une réinsertion. Je réitère donc ma proposition faite lors de la dernière session, celle d'accompagner la structuration de l'Economie Sociale et Solidaire (ESS). De part ses composantes (solidarité, cohésion sociale, engagement citoyen, innovation), l'ESS s'inscrit dans les compétences du département. Évidemment, nous ne pouvons pas intervenir directement auprès des entreprises mais nous pouvons œuvrer au développement de ce secteur en accompagnant les pôles de l'ESS présents à Lorient, Vannes, en devenir à Auray et Pontivy. Structurer cette coordination d'acteurs permettra d'accompagner un développement solidaire de nos territoires. C'est un atout indiscutable de l'insertion. Des passerelles sont à créer.

L'insertion et plus généralement l'action sociale doivent s'inscrire dans un développement social de nos territoires. L'approche transversale de nos politiques doit être la règle. L'insertion fait partie d'un tout. Il est bien plus facile d'empêcher quelqu'un de tomber dans l'exclusion que de sortir quelqu'un de l'exclusion. D'où une volonté ferme de favoriser la prévention. Votre décision de supprimer la subvention aux centres sociaux va à l'encontre de cette logique. Leur travail de prévention précoce est indispensable et se trouve désormais amputé. De même, les actions collectives doivent être favorisées et valorisées : c’est un engagement fort des équipes et cela répond à des besoins. Il nous appartient de construire une véritable politique de prévention pour répondre aux réalités urbaines, rurales et iliennes ! Je sais que la prévention n'est pas une idée porteuse politiquement. Tout le monde inscrit la prévention, mais en fait-on vraiment ?

Prévenir, c'est investir !

La prévention, l'action sociale, ce ne sont pas des coûts ou des charges. C'est de l'investissement social qui bénéficie à tout le monde ! Changeons le regard, positivons !

Le Département est le chef de file des solidarités. Investissons pleinement ce rôle ! Pour qui travaillons nous ? les Morbihannais et particulièrement les plus démunis. Dans quelle optique ? l'intérêt général, le service à la population et la proximité, cela a été un thème de campagne. Accompagner, soutenir, activer nos publics, tel est le sens de l'action sociale. Cela repose en grande partie sur les agents départementaux, les travailleurs sociaux et des partenaires.

Comment alors justifiez vous la transformation d'un CMS en antenne sociale alors que ce territoire, celui de Muzillac, est en progression démographique ? Quel autre motif que comptable apportez vous ? L'action sociale ne peut se faire sans la relation humaine. A l'heure du tout numérique, ne nous fourvoyons pas. L'accompagnement des personnes nécessite du temps, du professionnalisme et donc du personnel. Je ne vous dis pas qu'une réflexion sur les pratiques ne doit pas être engagée, et nous devons rester tel quel. Mais les travailleurs sociaux sont au cœur de nos dispositifs. Nous en avons besoin. Construisons avec eux le service social de demain. Ne pas renouveler de contrat ou de départ en retraire, externaliser des services sans même faire d’économie affaiblit les équipes. Le démantèlement du service social ou de tout autre service impactera inexorablement le service rendu à la population. Comment peut on imaginer rendre un service équivalent avec un CMS qui ouvrait de 8h30 à 17h30, 5 jours par semaine et une antenne qui n’ouvrira que 3 jours. Où est la proximité ? Comment croire que l’aide social à l’enfance puisse fonctionner correctement, que l’accompagnement de ces enfants en situation compliquée ne soit pas impacté par une diminution conséquente des psychologues ?

En tant qu'élus, nous devons nous emparer de ces sujets, avoir des débats. Nous déplorons donc que cette transformation de CMS en antenne, les changements d’horaire, de même que la suppression des centres routiers, soient passées en comité technique ou en commission permanente et non en session. Avec une réflexion plus globale sur le maillage territorial. Nous voterons pour car il s’agit de crédits, je suis quelque peu en colère contre vos méthodes et vos actes : la session est sensée permettre l’expression de tous, un débat public, transparent. Dans le même esprit démocratique, comment expliquez-vous qu’un seul élu, issu de la majorité, soit présent au comité technique paritaire ? qu’a-t-il encore de paritaire ? puisque les services sont davantage représentés que les élus.

Nous souhaitons être utile, travailler, et ne pas être une simple chambre d'enregistrement.

Je présuppose, peut être à tort, que c'est le souhait de votre majorité.

Je vous remercie de votre attention.

Gaëlle LE STRADIC

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