Return to site

Insertion et emploi - Gaëlle LE STRADIC

Monsieur le Président, chers collègues,

Le budget alloué à la politique en faveur de l’insertion et de l’emploi représente le deuxième budget de politique sectorielle du département après celui en faveur des personnes âgées. Il pèse 90 millions d’euros. C’est conséquent !

En augmentation de 9,57% (par rapport au BP 2015), ce budget incarne cependant une situation sociale dégradée et non un volontarisme politique. Nous savons en effet que cela est dû essentiellement à l’augmentation du nombre d’allocataires. Environ 13 300 foyers Morbihannais perçoivent le Revenu de Solidarité Active. Nous sommes tenus légalement de pourvoir à ce minimum social, l’augmentation de prestations ne peut donc réjouir personne.

Je note que les moyens consacrés à l’insertion restent stables ce qui est certes appréciable dans un contexte de baisse de dotations publiques. Je ne vous cache pas que j’aurais souhaité que votre majorité accentue ces moyens, « mise » sur des dispositifs afin que les Morbihannais concernés puissent bénéficier d’accompagnement individuel encore plus renforcé, d’outils plus novateurs. Allez plus loin ! Etre plus audacieux ! Que, par ce budget, nous puissions envoyer aux Morbihannais les plus en détresse un message d’espoir, des perspectives, une solidarité concrète !

Je profite de ce bordereau pour introduire la question de la recentralisation du RSA qui ne manquera pas de faire l’objet d’échanges ultérieurs, j’en suis sûre.

Des discussions sont actuellement en cours entre l’association des départements de France et le gouvernement. Notre groupe se positionne en faveur d’une recentralisation qui peut paraître somme toute logique : le RSA étant une obligation légale, l’Etat doit donc y pourvoir. Même si au final, il ne faut pas oublier que c’est le contribuable qui paye !

Cette recentralisation doit obligatoirement s’accompagner de garanties. Nous pouvons ainsi imaginer que les départements devront nécessairement réserver une part de leur budget afin de garantir les moyens alloués à l’insertion.

Cette part représenterait un pourcentage de l’allocation et du nombre d’allocataires de chaque Département. Cela permettrait de ne pas considérer cette recentralisation comme un simple moyen d’alléger les charges des Conseils départementaux. Pour le budget 2016, le Morbihan, après compensation, assurera environ la moitié des prestations RSA. Mais d’autres recettes, notamment le transfert par l’État des frais de gestion de la taxe foncière sur les propriétés bâties – 8,5 M€, permettent de réduire ce poids qui devient très supportable.

Le Département doit rester le chef de file et piloter la politique de l’insertion en collaborant avec l’ensemble des acteurs notamment l’Etat et Pôle Emploi et la Région compétente en matière de formation. Un véritable plan de bataille doit se dessiner pour conjuguer toutes les forces.

Une partie des « économies » alors réalisées pourrait être réinjectée dans un programme d’insertion plus ambitieux, qui pourrait servir à des expérimentations. Les investissements ainsi prévus aujourd’hui seront les économies de demain.

Dans cette discussion, l’important est d’être pertinent, efficace, pragmatique : ne pas se contenter d’un allègement de charges à court terme mais construire un outil efficace répondant aux besoins des Morbihannais et plus largement des français.

Je vous remercie.

Gaëlle LE STRADIC

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly