Politique départementale en faveur des personnes âgées

Monsieur le Président, chers collègues,

Je tenais, à l'occasion de ce bordereau, à rappeler à notre assemblée la nécessité d'une vigilance continue quant au fonctionnement des domiciles partagés pour personnes âgées du département et notamment à leur situation financière.

Je souhaitais informer les collègues qui ont des structures de ce type sur leur canton, que nous avons réengagé un travail de réflexion sur leur fonctionnement avec l’appui technique du CLARPA, la structure gestionnaire des 49 domiciles partagés du Morbihan.

Nous étions à nouveau alertés depuis quelque temps sur les difficultés financières de plusieurs de ces structures. Une première rencontre a eu lieu hier et je voulais en profiter pour remercier le vice-président Jean-Rémi Kervarrec, délégué aux personnes âgées et les services du Département de nous avoir reçus pour engager ce nouveau travail prospectif.

En effet, comme déjà en 2016, ce sont les élus gérant les domiciles partagés du nord-ouest réunis en avril dernier qui ont à nouveau alerté le Département sur les difficultés financières récurrentes rencontrées, malgré les modifications et améliorations apportées en 2016 au niveau de l’intervention du Département. Nous avions, déjà à l’époque, alerté notre assemblée sur l’insuffisance des mesures apportées pour en assurer la pérennité.

Ceci nous a conduit à réaliser une analyse comparative approfondie sur la situation de l’ensemble des domiciles partagés développés et accompagnés par le Département depuis 1991.

Le résultat est sans appel. Les domiciles partagés du sud littoral sont tous excédentaires contrairement à nombre de structures du nord rural en déficit pour cause de taux d’inoccupation sensiblement plus élevé.

On pourrait penser que la cause en serait due à une population âgée plus faible. Non, vous savez tous que la proportion des personnes âgées sur ces secteurs est importante. Par contre leurs pensions de retraite sont souvent très modestes et insuffisantes pour rentrer dans ce type de domicile. Un exemple tout récent sur ma propre commune : alors qu’une pension d’environ 1000 € permet d’y accéder grâce aux différentes aides (APA, crédit d’impôt, forfait journalier, allocation logement), il y a quelques semaines une dame dont la pension était de 350 € n’a pu être prise en charge. C’est la réalité quotidienne de nos territoires.

Ainsi les 10 structures de notre grand canton de Gourin-Cléguérec ont connu ces dernières années un déficit moyen cumulé d’environ 100 000 € annuels. Pour être encore plus précis, cela signifie que sur les 5 dernières années, nos 10 petites communes rurales auront financé ensemble un déficit de 500 000 € pour assurer la prise en charge de l’autonomie des personnes âgées qui, rappelons-le, relève de la compétence du département.

La réunion de hier nous ouvre des pistes de régulation qui pourraient être pertinentes et plus pérennes que celles qui avaient été mises en place jusque-là. A nous de les préparer et d’y travailler afin de soutenir le plus tôt possible ces structures d’accueil des personnes âgées indispensables à nos territoires et leurs populations.

Je vous remercie.

Christian DERRIEN

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