Politique en faveur de l'insertion

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Ce bordereau entérine la procédure de l’appel à projets comme unique cadre juridique en matière d’offre d’insertion. Dit autrement : les acteurs potentiels doivent se cantonner au cadre fourni par la collectivité.

Lors de notre dernière session, j’avais émis de nombreuses réserves sur cette procédure quant à la philosophie du « tous vers l’emploi », la concurrence entre acteurs à la place de la coopération, l’amoindrissement de la capacité d’innover. Les professionnels de l’action sociale savent pertinemment que cela n’est pas envisageable pour certains de nos concitoyens qui doivent se reconstruire, se remobiliser et réduire un nombre important de freins à l’accès à l’emploi, dans le concept actuel du travail et de ce qu’est un emploi. Ainsi, la notification d’une durée maximale dans une structure (9 mois) est de ce fait peu réaliste dans certains programmes. Qu’adviendra-t-il à ce terme ? la personne devra t-elle systématiquement changer de lieu, créant ainsi une insécurité. De même, il est indiqué que les opérateurs (ce qui n’a pas la même signification que le mot partenaire) doivent rédiger un contrat d’engagement réciproque. Et si ce contrat n’est pas respecté ? qui sanctionne ? l’opérateur ou l’institution ?

Voilà, quelques interrogations sur les intervenants habituels du programme d’insertion se posent. Il y a parmi eux une véritable inquiétude et un sentiment de colère et mépris de la part de notre institution. La méthode appliquée à cet appel à projet est très regrettable : aucune concertation ni avec les acteurs, ni avec les élus. Un délai très court pour répondre, un service qui a dû être sous pression…et au final, un échec : 19 dossiers admis sur 133.

Je ne reviendrai pas non plus sur l’opacité de la sélection des dossiers : rejetés, acceptés, entre 2 eaux… pas de commission, les élus y compris ceux de la majorité ont été prévenus des résultats après les acteurs ce qui est très pratique pour répondre à leurs questions. Il me semble qu’un processus démocratique aurait fait l’inverse.

Enfin, cette absence de dialogue avec les acteurs, sans qui, je le rappelle, le Département n’aurait aucun outil d’insertion, est préjudiciable sur le lien de confiance nécessaire et l’efficacité de ladite procédure. Car si tel avait été le cas, le département, aux vues des documents de la dernière commission, aurait appris que les acteurs de l’IAE de la région lorientaise se fédère pour engager une action innovante en direction des entreprises. Ou en tout état de cause, ça aurait été une base de réflexion.

C’était l’occasion de construire ensemble.

Chercher ailleurs les bonnes idées, c’est intéressant ; connaître son territoire et les richesses de ces acteurs c’est encore mieux.

Sur ce sujet, vous avez confondu vitesse et précipitation.

Nous sommes favorables à améliorer les choses et l’efficacité de notre offre d’insertion. Mais nous vous demandons de faire cela dans le respect des acteurs et avec eux. Nous espérons que la phase de dialogue qui s’ouvre pour 88 porteurs de projets soit réellement une phase de dialogue.

Par ailleurs, nous trouvons dommageable de ne pas réserver une ligne budgétaire pour les projets qui arriveront nécessairement dans les 3 ans à venir au titre de l’innovation sociale.

Enfin, nous demandons la communication à l’ensemble des élus les motivations des décisions résultant de l’appel à projet.

Ne pouvant cautionner cette manière de faire, nous voterons contre ce bordereau.

Gaëlle LE STRADIC

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