Solidarités

En tant que chef de file de la solidarité sociale et territoriale, le Département consacre la moitié de son budget à l’action sociale, c’est-à-dire à l’accompagnement de publics divers souvent fragilisés par le biais de dispositifs censés être émancipateurs.

A la lecture des orientations budgétaires 2018, notre groupe émet plusieurs remarques et propositions dans ce domaine.

  1.  Tout d’abord sur la forme. Peu de débat, des décisions opaques. Une peur de la démocratie ?

Comme cela a pu être évoqué par mes collègues aujourd’hui ou lors de sessions précédentes, nous déplorons un manque de transparence sur les prises de décisions. Une question de méthode donc. Nous sommes tous légitimes dans cette assemblée : je m’étonne donc que les élus n’aient pas été associés quant à l’externalisation des agréments des assistantes maternelles et à leur renouvellement. Aucun bilan ne nous a été présenté.

De ce fait, on peut fortement penser que la décision est un élément de gestion budgétaire. Inutile de faire un bilan, l’externalisation coûte moins cher. Point.

Mais la qualité du service ? la valeur de ces agréments ? la formation des assistantes maternelles ? le temps dégagé pour nos personnels a-t-il été affecté à des tâches administratives ou d’accompagnement sur le terrain ?

Nous devons maintenir un regard sur ces agréments et être dans un rôle de conseil et de soutien.

Nous faisons une remarque similaire concernant le plan d’inclusion numérique. Ne pas inclure l’ensemble des élus aux réflexions me semble être une méthode d’un autre temps.

Sur le fond, maintenant.

Dans le domaine de la protection de l’enfance, il faut répondre avec du « sur mesure » construit entre les services du Département, de l’Education Nationale, la justice, les associations, les acteurs de la santé.

Des expérimentations sont inscrites pour 2018 concernant l’alternative au placement et la prise en charge de mineurs à problèmes multiples. Il faut réajuster nos dispositifs à l’évolution des besoins des jeunes. Alors testons. Nous proposons d’aller prendre les bonnes pratiques de dispositifs similaires chez nos voisins finistériens et brétiliens (Exemple : semo de brest).

Il est indispensable de construire des politiques publiques de prévention. Nous regrettons donc que ces orientations budgétaires ne le mentionnent pas. Il ne faut pas uniquement s’adresser aux enfants pris en charge par l’ASE mais à l’ensemble des enfants.

Et surtout, il ne faut pas attendre que cela se dégrade pour agir. Et je crois que nous sommes encore dans cette logique. J’insiste sur la nécessaire complémentarité entre acteurs.

C’est un investissement pour l’avenir.

Sur les mineurs non accompagnés, il est évident que l’Etat a sa part de responsabilité. Mais face à des situations humaines dramatiques, ils ne viennent pas chez nous pour le plaisir ! faire preuve d’humanisme est obligatoire. Il est indispensable de construire des parcours d’insertion comprenant de l’hébergement et un accompagnement de qualité.

Sur la question de l’insertion et de l’emploi, La partie allouée aux actions n’est pas une variable d’ajustement : 14% en 2011 contre 9% en 2016. Ce n’est pas la bonne solution.

La stabilisation du nombre d’allocataires se confirme. Même si nous n’avons pas la compétence en matière d’emploi et de formation, nous pouvons agir.

Il faut étoffer nos dispositifs en lien avec l’entreprise mais aussi par un accompagnement spécifique. Nous proposons de décliner la garantie jeune pour les 25-30 ans rentrant dans le dispositif.

Réinterroger les chantiers d’insertion : non pas sur leur nombre mais quant au contenu. Notre collectivité doit impulser des chantiers plus pertinents liés au numérique, aux mobilités... Encore une fois, regardons ailleurs, prenons les bonnes pratiques !

Il est mentionné également la question des compétences numériques. Indispensables dans notre société, celles-ci sont indispensables pour une insertion sociale et professionnelle durable. Il faut évidemment lutter contre la fracture numérique sur le plan technique et sur le plan des compétences et pratiques individuelles. Mais je trouve cette vision trop étriquée.

Le numérique est un outil. C’est actuellement et de plus en plus la porte d’entrée (ou de sortie !) pour l’accès aux droits. J’inclurai cette notion dans le développement social : l’accès aux droits reste une question transversale et prioritaire de l’action sociale. Cette problématique doit être un de nos projets emblématiques.

De nombreux rapports mentionnent un taux de non recours vertigineux, des procédures complexes souvent décourageantes. Une personne sur 5 éprouve des difficultés à effectuer des démarches administratives dues à la réduction des fonctions d’accueil, d’orientation au profit des procédures dématérialisées.

Le numérique est une solution d’avenir. Sûrement.

C’est aussi une solution budgétaire.

Une solution d’isolement si nous ne sommes pas vigilants.

Si c’est une finalité, c’est alors une mauvaise stratégie.

Le service public s’adresse à tous. Il doit en être de même des services proposés par voie numérique. La précarité sociale crée de nouvelles discriminations et comme sur d’autres thématiques, des mesures de « discriminations positives » peuvent être mise en place pour assurer l’accessibilité à tous et de façon égalitaire sur le territoire au service public. Concéder une part des économies réalisées grâce au progrès technologique au profit des plus fragiles correspond au modèle social que nous défendons.

Le Département doit faire du numérique le vecteur d’une meilleure qualité de Service Public. Il faut en faire une solution de simplification en termes de durée d’instruction, de démarches.

Et pour cela, un étayage, un accompagnement de qualité doit être proposé. Le Département doit être garant de l’accès aux droits de tous les Morbihannais. Car avoir accès aux politiques publiques dédiées c’est être en capacité de construire son parcours de vie : logement, santé, mobilité, emploi, …

  • Nous devons donc nous préoccuper d’une appropriation optimale des outils numériques en interne.
  • Le Département doit impulser l’élaboration d’une véritable politique d’accès aux droits : il faut chercher collectivement des réponses quant au non recours et donc se coordonner efficacement avec nos partenaires. Notre collectivité pourrait soutenir par exemple des maisons multi partenariales. Fixes ou mobiles, ces espaces permettraient à tout citoyen d’avoir un premier niveau de réponse sur l’ensemble de ses droits.

Gaëlle LE STRADIC

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly