Stratégie de lutte contre la pauvreté / Contractualisation État - Départements

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

Avec 9 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (+1 million de personnes pauvres depuis la crise de 2008), et après des premières mesures de ce quinquennat qui n’ont pas été favorables aux personnes en difficulté (réduction des APL, des contrats aidés, baisse des crédits du logement social….), la stratégie quinquennale de lutte contre la pauvreté, dotée de 8 milliards d’euros sur 4 ans était très attendue par les associations et les professionnels.

 

Ce plan de lutte contre la pauvreté prévoit une contractualisation entre l’Etat et les Départements et c’est ce que nous adoptons aujourd’hui. Les fonds représentent 135 millions d’euros en 2019 pour atteindre 201 millions en 2022. Ce qui pour le Morbihan garantit une enveloppe d’environ 500 000€.

 

Nous pouvons constater un décalage certain entre les objectifs mentionnés à ce jour par le Gouvernement, particulièrement ambitieux et touchant aux parcours des allocataires RSA, à la transformation de l’action sociale et aux sorties du dispositif ASE, domaines choisis par le Département et les moyens alloués.

 

Pour constituer ce plan d’action, l’Etat laisse le choix aux collectivités soit de développer des actions nouvelles, soit de valoriser l’existant. Cette dernière option a été retenue par votre majorité. Malgré des délais relativement courts de préparation, nous aurions souhaité que notre collectivité opte pour des innovations. En effet, les actions proposées ici sont déjà d’actualité ou en passe de l’être, donc déjà financées.

Il aurait été intéressant de promouvoir des innovations sociales.

 

Je souhaiterais m’attarder sur un élément emblématique de la convention à savoir l’accueil inconditionnel.

Si dans la logique, répondre le plus efficacement, le plus rapidement au public accueilli est louable et souhaitable, la qualité de cet accueil doit être garantie par un grand professionnalisme. Or le service social connaît actuellement une réorganisation de son fonctionnement et de ses pratiques. Un malaise est perceptible dans les services. Une défiance entre la direction et les agents se fait sentir, il serait bon d’y remédier.

On peut dans ce nouveau cadre de financement supplémentaire s’interroger sur les effectifs du service social passant de 108 à 88 agents. Alors que la population a augmentée de 10 000 personnes en 10 ans, 13 000 foyers au RSA ce qui totalisent 25 000 personnes, une difficulté à accéder à ses droits dénoncée chaque année par le défenseur des droits, une augmentation du nombre d’informations préoccupantes… bref, des données qui indiquent la nécessité d’un service public de proximité, amènent à se questionner sur l’efficacité du service et les nouvelles manières de répondre aux besoins de nos usagers mais avec un maintien des effectifs. Un audit externe serait très intéressant afin d’avoir une expertise fine de notre fonctionnement.

Enfin, le Gouvernement et ce plan amorcent un travail en concertation avec les autres collectivités et notamment la région Bretagne. L’instauration d’un service public de l’insertion ne pourrait se faire sans la coopération de chacun selon ses compétences. La décentralisation des politiques d’insertion doit devenir une réalité. Nous espérons donc qu’un travail étroit pourra se mettre en place et que le Morbihan y prendra toute sa place.

 

Gaëlle LE STRADIC

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