Agissons pour l'inclusion numérique

Monsieur le président, chers collègues

Bien entendu nous sommes très satisfaits, à travers ce bordereau, de voir que le Département s’est saisi de la circulaire du 23 octobre dernier pour nous proposer de conclure un accord départemental avec l’Etat dans le cadre du Plan de relance gouvernemental que notre groupe avait appelé de ses vœux lors de la dernière session.

Les différents niveaux de collectivités sont concernés et de nombreux projets en attente, souvent faute de financements, vont ressortir des cartons étant donné les aides financières conséquentes qui pourraient être attribuées. Nous pensons notamment aux projets liés à la transition écologique et énergétique. Sur le terrain des communes, petites et grandes, nous voyons nombre d’élus se saisir de cette opportunité.

En ce qui concerne les Départements, nous assistons à un mouvement similaire mais avec des engagements plus ou moins importants et différemment fléchés vers les 3 volets du plan : transition écologique et énergétique, compétitivité des industries et cohésion sociale et territoriale.

.Je souhaitais dire quelques mots sur celui de la cohésion sociale.

Il est bien indiqué dans ce plan de relance que ce volet « a pour objectif de soutenir ceux qui sont les plus touchés par la crise, en particulier les jeunes et les personnes démunies ». Désolé de revenir sur ce thème, mais dans le détail des fiches du Plan de relance, on trouve notamment des aides importantes pour l’accompagnement des jeunes, ce que nous réclamons depuis plusieurs mois.

Quelques exemples :

- Une fiche « Accompagnement à la création d’activité » : une enveloppe de 40 M€ pour accompagner des jeunes en insertion dans la démarche de création d’entreprise.

- Une autre « Accompagnement Intensif Jeunes » avec une enveloppe de 69 M€ pour aider à l’intégration sur le marché de l’emploi.

Etc.

Certes ces actions ne concernent pas seulement les collectivités, mais un Département peut certainement mobiliser ses services sur plusieurs d’entre elles ou du moins travailler en coordination avec des structures associatives spécialisées sur ces thématiques.

Ce qui paraît pour le moins surprenant dans la liste des actions prévues dans l’accord départemental de relance, le 3ème volet de la cohésion sociale, à part la rénovation des EHPAD, certainement nécessaire, et une enveloppe peu précise concernant le médico-social, les pistes d’actions prévues par notre collectivité sont, là encore, très timides. Nous le regrettons.

Pour conclure, je reviendrai sur la question de l’inclusion numérique. Comme on pouvait le prévoir, étant donné les échanges que nous avions avec vous sur le sujet, l’inclusion numérique est évoquée dans des grandes généralités, mais n’est absolument pas prise en compte de manière claire. Il n’est question concrètement que de digitalisation de l’administration ou de la cybersécurisation de son infrastructure informatique mais certainement pas de médiateurs numériques, qui nous l’avions bien compris ne vous intéressaient pas beaucoup.

Vous nous aviez répondu lors de la dernière session qu’il n’y a qu’une assez faible minorité de personnes à ne pas pouvoir se servir des outils numériques. Je crois, et je suis désolé de vous le dire de manière aussi crue : on ne doit pas vivre sur la même planète.

Le Plan de relance, auquel vous vous référez, s’appuie lui-même sur un diagnostic partagé par plusieurs grandes études barométriques.

Je vous en lis un passage : « L’accès au numérique ne se résume pas à un accès technique. Il exige des compétences. Aujourd’hui, c’est encore près de 13 millions de Français qui sont ainsi «éloignés du numérique» (c’est-à-dire qu’ils n’utilisent pas ou peu Internet, et se sentent en difficulté avec ses usages). »

Le plan de relance précise ceci : « Pour donner un coup d’accélérateur à la mesure de ce défi, la lutte contre l’illectronisme fera l’objet d’un effort d’investissement sans précédent de 250 millions d’euros dans les prochains mois. (…) C’est la condition nécessaire afin de maintenir un accès effectif aux droits, aux soins, à l’éducation, à l’information, d’une partie importante de nos concitoyens. »

Sur le terrain, heureusement, beaucoup de monde s’organise : les CCAS des communes petites et grandes, les médiathèques, les maisons de services publics, etc. Dans de nombreux départements les médiateurs numériques viendront en appui à tous les acteurs, à la fois en formation et en aide technique.

Le Plan de relance prend cette question de l’inclusion très au sérieux, tout comme notre Groupe d’ailleurs.

On ne demande qu’une chose : ne pas bloquer par une posture incompréhensible le travail des acteurs de terrain dans l’accompagnement d’un grand nombre de concitoyens dans une réelle démarche d’acculturation au numérique.

Je vous remercie.

Christian DERRIEN

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