Arrêté des comptes départementaux de 2020

Monsieur le président, chers collègues,

Je ne vais pas revenir de manière aussi détaillée que Monsieur Lappartient vient de la faire. Je vais simplement retenir et mettre en exergue quelques chiffres clés (peut-être n’auriez-vous pas pris les mêmes).

  • Des recettes en hausse, notamment les DMTO avec une année record en pleine pandémie mondiale – 139 millions d’euros contre une prévision à 100 millions au BP. Je m’abstiens de faire mon commentaire habituel.
  • Pas d’emprunt comme en 2019 avec une dette totale en baisse significative : ce qui pose la question des besoins couverts ou non. Mais je vais y revenir.
  • Un excédent brut de clôture de presque 55 millions d’euros en hausse de 13% par rapport à 2019. Certes, les dépenses ont augmenté aussi, mais de 2.2 % seulement. Le delta entre les deux est conséquent.

Du coup, le tableau qui apparait est contrasté. Les chiffres traduisent une réalité tangible : des situations personnelles, des dispositifs… du concret.

D’un côté, on est dans une période sociale, sanitaire, économique inédite : l’état est dans le rouge, beaucoup d’autres collectivités voit leur situation financière se dégrader ou tout du moins se tendre.

De l’autre, le conseil départemental du Morbihan : pas d’emprunt, un excédent de 55 millions soit 110 000 RSA. On a l’impression que la crise c’est une lettre à la poste. Et je vous avoue qu’à la fin de la lecture du CA, j’avais envie de dire Cocorico !

D’un côté tant mieux, y a des marges. Mais à la lecture des autres bordereaux, des situations connues du terrain, je ne peux pas m’empêcher de penser que cela démontre qu’on ne fait pas tout, ou qu’on n’a pas fait tout ce que l’on pouvait.

Exemple de l’enfant avec 10 de moyenne. Pourquoi faire plus ? le minimum suffit pour aller en classe supérieure.

Vous faites ce que vous annoncez (taux d’exécution proche de 100%) mais est-ce suffisant ?

J’entends Monsieur Lappartient rétorquer « à gauche, on ne fait que dépenser ! ». En effet, dépenser pour dépenser, je vous rejoins, n’a aucun intérêt.

La véritable problématique est : y a-t-il des besoins ? sont-ils couverts ? aurait-on pu commencer avant à y répondre ? et pas attendre 2021.

Et quand j’ai lu les autres bordereaux, cela m’a confortée dans l’idée que nous avions perdu du temps. Des chantiers auraient pu être mis en route avant cette année et à la faveur d’un plan de relance entre autres. Nous en avons les moyens.

  • Les amendements CRETON, la situation était dénoncée depuis longtemps par les acteurs du domaine. L’appel à projets de 2019 a certes lancé une dynamique mais on aurait pu faire cela avant et on doit construire des foyers de vie.
  • Des initiatives plus nombreuses doivent être prises dans le droit au répit.
  • La prise en charge des victimes de violences intrafamiliales.
  • La prise en charge de Mineurs Non Accompagnés.
  • Inclusion numérique : un plan existe mais ne démontre pas beaucoup de soutien aux acteurs locaux.
  • La solidarité internationale a disparu de nos services.
  • Une politique très limitée en matière de langue et culture bretonne.
  • Sur la transition écologique, le groupe dès 2015 vous a fait de nombreuses propositions tant sur le volet agricole que sur la production d’énergie et la performance énergétique de nos bâtiments. Je suis satisfaite de retrouver ces thématiques dans l’accord départemental du plan de relance.

De surcroit, la liste des collèges bénéficiaires contient celui, neuf, de Brizeux et celui non achevé de Tréfaven à Lorient. Je pense et je l’avais signalé à l’époque que les cahiers des charges auraient dû contenir cette attention portée à une production d’énergie vertueuse. Je trouve dommage que vous n’ayez pas participé plus tôt à la transition écologique, il y a un manque d’anticipation flagrant.

Et d’ailleurs,serait-on allé dans cette voie si le plan n’avait pas existé ? en tout cas, cela ne faisait pas partie des orientations budgétaires de novembre.

Donc oui, je vais vous concéder que le Département du Morbihan s’est fait une santé financière en or en 2020. A ces chiffres, j’oppose le fait que de nombreux Morbihannais, associations, acteurs culturels subissent la crise, vivent des temps difficiles, qu’il faut nous engager vers d’autres méthodes, d’autres façons de penser nos modes de vie. Est-ce alors rassurant de se contenter d’attendre qu’on frappe à notre porte plutôt que d’être dans une position active et à l’initiative ? les besoins sont là et pas simplement depuis un an.

Je pense que nous n’aurons pas la même réponse à ces questions.

Gaëlle LE STRADIC

Tous Les Articles
×

Vous y êtes presque...

Nous venons de vous envoyer un e-mail. Veuillez cliquer sur le lien contenu dans l'e-mail pour confirmer votre abonnement !

OK