Discours de politique générale

Monsieur le président, chers collègues,

En préambule, nous voulons rendre hommage à Valéry Giscard d'Estaing, qui vient de disparaitre. De son septennat, nous nous souvenons particulièrement de deux lois qui ont marqué notre société : la légalisation de l’IVG, une loi portée par Simone Veil, et le droit de vote à 18 ans. VGE était un président moderne, et surtout un européen convaincu.

Cette session sur le budget, la dernière de notre mandature, est bien difficile à appréhender. C’est vrai, nous devons naviguer à vue. L’incertitude est grande, mais nous devons agir rapidement pour aider ceux qui en ont le plus besoin et limiter les conséquences économiques et sociales de cette crise sanitaire.

La pauvreté va augmenter. Nous pensons aux indépendants ou aux salariés précaires qui voient leurs revenus chuter. La progression du chômage alimente la pauvreté. Nous le constatons localement avec les demandes sociales qui explosent, notamment en matière d’aide alimentaire.

Le budget que vous nous proposez ressemble beaucoup à celui de l’an passé. Nous ne percevons pas vraiment l’impact de la crise, en dehors bien sûr des 10 millions d’euros supplémentaires consacrés au RSA. Le budget insertion est stable et celui du FSL diminue. Pourtant, il y a fort à parier que les besoins vont augmenter.

Nous proposons quelques actions concrètes pour l’année 2021, comme nous l’avons fait lors des orientations budgétaires.

L’exercice n’est pas de savoir comment dépenser plus, mais de proposer des actions répondant aux attentes de nos concitoyens.

Nos propositions :

Un premier volet, pour protéger les personnes en situation de fragilité sociale avec une attention particulière pour la jeunesse. D’après les études de l’observatoire des inégalités, les moins de 30 ans représentent plus de la moitié des pauvres en France (c’est-à-dire vivant sous le seuil de pauvreté). Les jeunes qui arrivent sur un marché du travail compliqué, sauf les plus diplômés, vont se trouver sans solutions. Nous devons les aider, les jeunes sont l’avenir de notre pays.

Nous proposons aussi, au Département, de soutenir les actions sociales des universités, en apportant notre concours dans le cadre des aides alimentaires et du soutien psychologique aux étudiants en très grande difficulté. Le soutien familial n’est pas toujours suffisant pour ces jeunes.

Concernant la santé mentale, de nombreuses enquêtes abordent ce sujet et montrent qu’elle se dégrade depuis le début de la crise sanitaire. Nous proposons de soutenir la création d’un contrat territorial de santé mentale (CTSM) à l’échelle du Morbihan, en collaboration avec l’ARS.

A propos de l’autonomie et spécialement de l’accompagnement des services d’aide à domicile, nous devons soutenir les structures qui connaissent des difficultés. Difficultés financières, mais aussi à recruter du personnel. Le métier est difficile et peu valorisé, avec de bas salaires. Les tarifs horaires autorisés par le Département ne permettent toujours pas de couvrir les charges de ces structures et de payer correctement les salariés.

Nous interpellons aussi l’État et nous avons remis un vœu qui sera examiné en fin de séance, nous souhaitons une réforme en profondeur du système (salaire, conditions de travail etc.) en y associant tous les acteurs concernés. Nous souhaitons aussi que l’Etat pense aux oubliés du Ségur et fasse bénéficier à tous les salariés des services d’aide à domicile, des mêmes avancées que celles annoncées dans les hôpitaux ou dans les EHPAD.

Concernant les personnes âgées, le nombre de places en maison de retraite reste insuffisant. Il faut trouver des alternatives, essayer par exemple, d’augmenter le nombre de familles d’accueil pour personnes âgées. C’est une très bonne solution, appréciée des bénéficiaires et aussi de leurs familles, une formule dont il faut faire la promotion.

En matière d’insertion-emploi : c’est un sujet difficile, nous n’avons pas tous les leviers mais les attentes sont fortes et c’est une compétence du Département. Nous devons chercher des solutions, regarder ce qui se fait ailleurs, ce qui fonctionne ailleurs, nous pensons bien sûr aux «Territoire zéro chômeur » et à l’ouverture de places en chantier d’insertion dont un certain nombre pourraient être dédiées aux jeunes non diplômés.

Nous développerons d’autres propositions sur ce sujet, mais vous l’aurez compris, le budget présenté aujourd’hui, n’est pas vraiment adapté aux besoins des Morbihannais qui sont dans un parcours d’insertion.

Autre proposition : faciliter l’accès au logement des ménages les plus modestes dans les secteurs où le prix du foncier est élevé. Nous proposons la création d’un organisme de foncier solidaire au niveau départemental (OFS). Le principe est simple : réduire le prix en dissociant la propriété des murs de la propriété du terrain. Permettre à ces ménages d’acheter leur logement, sans avoir à acheter le terrain. Il y a plusieurs exemples, notamment en Loire-Atlantique où le Conseil départemental, Nantes Métropole et 14 opérateurs sociaux se sont associés. Le Département et la Métropole attribuent chacun 5 500 € par logement produit, et les opérateurs s’engagent sur un prix de vente des logements réduit.

Je vais terminer par les investissements : un budget en légère baisse mais qui reste d’un bon niveau. Et c’est bien pour l’activité économique.

Maintien d’un programme important de rénovation des collèges mais toujours rien pour le bâtiment principal, très vétuste, du collège de Saint Jean Brévelay. Il est pourtant urgent d’agir.

Nous regrettons également l’absence d’ambition en matière de développement durable et d’amélioration de la performance énergétique de nos bâtiments.

Le niveau d’aide au développement des territoires, inscrit au budget, est en baisse de 12%, mais je pense, malgré tout, que toutes les demandes seront satisfaites. Le PST (Programme de Solidarité. Territoriale) est toujours apprécié des communes mais la modification des tranches d’aide, opérée en juin dernier, porte atteinte à l’équilibre du dispositif. Il est bien moins solidaire aujourd’hui qu’hier. Nous le regrettons, et j’ai proposé à la commission 4 (Aménagement, habitat et équipements du territoire) de retravailler sur ce point.

Enfin, la situation financière de notre collectivité se tend. L’encours de la dette diminue, mais la présentation est un peu trompeuse puisque l’épargne chute fortement, et notre capacité de désendettement, l’indicateur le plus pertinent, se dégrade passant de 1,43 à 1,67 année. La situation financière reste, c’est vrai, meilleure que celle de nombreuses autres collectivités mais nous entrons dans une période plus difficile. Et nous allons devoir naviguer à vue…

Je vous remercie.

Guénaël ROBIN

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