Insertion et emploi : mettons en place un plan d’accompagnement global !

Monsieur le président, chers collègues,

Travailler dans l’insertion n’est pas chose aisé en temps ordinaire, ça dépend notamment du dynamisme du marché du travail. Travailler dans l’insertion en ce moment est un véritable casse-tête car il faut non plus trouver un emploi ou permettre de poursuivre un parcours, il faut donner des perspectives, faire en sorte que le public ne coule pas.

Nous avons à plusieurs reprises convenu qu’avoir la compétence insertion sans la formation ou l’emploi était un jeu d’équilibriste. Cela favorise peut être la coopération des collectivités, j’espère sincèrement que le service public de l’insertion piloté au niveau régional désormais permettra une réelle synergie des acteurs mais surtout fluidifiera le parcours des personnes.

Nous savons qu’une partie des difficultés liées à l’insertion professionnelle relève de facteurs externes au marché du travail, parmi lesquels la mobilité, la précarité des conditions de vie qui va souvent de pair avec des difficultés financières, la maîtrise du numérique, ou encore la difficulté de trouver un logement. Tout cela n’est pas exhaustif, mais cela fait partie des freins à l’insertion professionnelle. D’où la notion d’accompagnement global.

Il nous faut à la fois avoir conscience de ces réalités (que j’ai évoquées), de l’univers complexe du monde de l’insertion et en même temps avancer des idées concrètes pour agir. C’est pour cela que je renouvelle certaines de nos propositions en matière d’insertion.

Concernant la mobilité, 1 français sur 4 exprime le fait d’avoir dû refuser un emploi pour une question de mobilité. Il nous faut amplifier la résolution de ce frein. Avoir le permis ne règle pas tous les aspects de la mobilité mais il reste aujourd’hui un précieux sésame pour l’accès à l’emploi : développons donc des actions en faveur du permis de conduire notamment en direction d’un public jeune. Est-il compréhensible pour un Morbihannais qui est dans un parcours d’insertion, de bénéficier d’une aide ou non selon qu’il réside dans une commune A ou dans une commune B ? Les nouveaux modes de déplacement dits actifs doivent aussi questionner notre rapport à la mobilité : l’introduction de conseillers en mobilité dans les parcours d’insertion est nécessaire.

L’état de santé dont la santé psychique, qui est un facteur important pour s’insérer, doit nous préoccuper plus que jamais. Le public que le Département accompagne vit plus douloureusement ce deuxième confinement qu’il s’agisse des jeunes, des familles, du public en insertion. Une adaptation et une prise en compte plus importante de ce volet dans nos dispositifs d’insertion sont nécessaires. Ainsi, certaines actions dans le cadre de l’appel à projet se sont arrêtées ou vont s’arrêter prochainement. Redirigeons les fonds mobilisés pour une prise en charge des problèmes de santé mentale. Ça c’est pour le court terme. Et avec nos autres compétences dans le domaine social et médicosocial, nous pouvons contribuer à l’émergence et à la mise en place d’un Contrat Territorial de Santé Mentale avec l’ARS.

Le numérique peut aussi être une source de fragilités chez ceux qui n’ont pas accès aux outils nécessaires pour rechercher un emploi. C’est également une fragilité même pour ceux qui ont des compétences, mais qui sont inadaptés à la digitalisation du monde du travail. Sur ce sujet, nous avons des marges de progrès : le plan d’inclusion actuel a développé de bons outils mais reste insuffisant car peu proactif. Quid de l’équipement des ménages précaires, d’un tarif solidaire de la connexion ? Le plan inclusion du gouvernement prévoit un recrutement massif de conseillers numériques. Saisissons cette chance pour faire monter l’ensemble de notre territoire en compétences numériques : des démarches administratives, en passant par les fablabs, formidables tiers lieux où se mêlent les générations autour de projets numériques collectifs, faisant apparaitre de nouvelles manières de travailler et donc questionnant l’attractivité des territoires.

Et n’oublions-pas la question du logement.

Aujourd’hui, quelle est notre ambition avec les bailleurs sociaux ?

Tout à l’heure, nous avons fait une proposition pour faciliter l’accession à l’immobilier des primo-accédant (souvent des jeunes), avec un organisme de foncier solidaire départemental, par lequel il sera possible de faire baisser fortement les prix d’achat. Guénaël Robin en a parlé lors du discours de politique générale, et nous insistons sur cette idée qui nous parait pertinente et qui a été mise en place en Loire-Atlantique ou en Vendée.

Mon collègue a également fait référence au territoire zéro chômeur. Je sais que ce n’est pas votre tasse de thé mais je jugerai bon que nous ayons dans cet hémicycle un débat autour de ce dispositif ou encore du revenu de base (je vous avoue que je m’y intéresse depuis un petit moment et ai rencontré quelques Départements y souscrivant) avec notamment son ouverture au moins de 25 ans. Et qu’éventuellement nous aboutirions à formuler un vœu collectif pour sa création. C’est en parti le sens de l’histoire.

Gaëlle LE STRADIC

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