Soutenir les Français dans leurs usages quotidiens du numérique

Monsieur le président, chers collègues

Notre groupe avait évoqué lors de la session des orientations budgétaires la nécessité dans le contexte actuel, mais aussi de manière plus générale, de développer une politique ambitieuse de soutien et d’accompagnement des usages du numérique dans de nombreux domaines.

Le Plan de relance, annoncé le 3 septembre dernier, envisage d’engager 200 M€ au recrutement de médiateurs pour lutter contre la fracture numérique.

De nombreuses collectivités investissent fortement dans des stratégies d’inclusion numérique favorisant la cohésion humaine et territoriale.

Il est clair que l’accélération dans ce domaine a été provoquée par la prise de conscience de l’importance des usages du numérique pendant le premier confinement et du rôle pouvant être assuré par les collectivités dans la nécessaire généralisation devenue essentielle à cette occasion.

Le secrétariat d’État à la Transformation numérique et aux communications électroniques et le ministère de la Transformation et de la Fonction Publique ont engagé une concertation avec les associations d’élus pour préparer une mise en œuvre concrète de ces crédits pour les années 2020-2022.

En ce qui concerne notre groupe, nous souhaiterions qu’une attention particulière soit portée à la partie « inclusion numérique ». D’ailleurs il s’agit de la grande partie financée par le volet numérique du Plan de relance soit 200 M€ sur les 234€ prévus. Cette opportunité nécessite une véritable mobilisation des collectivités pour sa mise en œuvre.

Ce sont 4000 médiateurs numériques ou "conseillers numériques", à temps plein, qui pourront être recrutés, formés et déployés sur le terrain grâce à ce budget national, soit plus d’une quarantaine par département.

Reprenons les missions prioritaires annoncées dans les documents pour ces médiateurs :

  1. Soutenir les Français dans leurs usages quotidiens du numérique : acheter en ligne, travailler à distance, consulter un médecin, vendre un objet, etc.
  2. Sensibiliser aux enjeux du numérique et favoriser des usages citoyens et critiques (lutte contre les fausses informations en s’informant et en apprenant à vérifier les sources, protection des données personnelles, maîtrise des réseaux sociaux, etc.)
  3. Autonomiser les usagers dans la réalisation de démarches administratives en ligne.

Par ailleurs, des pistes de déploiement et d’organisation de cette politique de médiation numérique ont été suggérées au sein de l’Association des Départements de France à travers l’utilisation des Schémas directeurs d’accessibilité des services au public (SDAASP), co-construits depuis la loi NOTRe entre les Départements et les Préfectures. Notre collectivité départementale, qui a peu suivi ce dossier, gagnerait à s’y intéresser afin d’assumer des missions importantes de cohésion sociale comme celle-ci.

La question de l’inclusion numérique rappelle les nombreuses politiques d’alphabétisation menées notamment depuis le XIXe siècle afin de faire reculer l’illettrisme. Ce fut à la fois un enjeu économique, social mais aussi de formation de citoyens éclairés. Celle de la résorption de ce qu’on appelle aujourd’hui l’illectronisme et de son corollaire, la fracture sociale, relève également des mêmes enjeux conduisant à une société solidaire et plus juste.

Je vous remercie.

Christian DERRIEN

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